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Une autre facette de notre correspondance

being a pen pal

Cela fait dix ans que je suis membre de Lifespark et je croyais à travers mes correspondances en avoir découvert toutes les facettes, tout ce qu’il est possible d’apporter et de recevoir dans un tel échange, mais j’ai découvert cette année que l’on peut aussi parfois avoir un rôle à jouer au sein de la famille de notre correspondant.

Je voudrais juste en quelques mots vous présenter George, mon correspondant depuis 2002.
Il est dans le couloir de la mort depuis 1992 pour un crime qu’il n’a pas commis. Il n’y a à l’époque pas eu de test ADN, ni d’aveux, ni d’arme du crime retrouvée. Il a été condamné sur un simple témoignage oculaire et son avocat commis d’office, âgé de 72 ans, s’est endormi à plusieurs reprises pendant son procès. Il se bat depuis, avec l’aide de sa famille et d’un avocat de New-York qui s’occupe gracieusement de son cas, pour avoir un nouveau procès.

Depuis six ans, George est un correspondant et un ami exceptionnel qui ne manque jamais d’envoyer une carte à Noël ou à l’anniversaire de chacun des membres de notre famille. Malgré sa situation dramatique, ses lettres sont toujours pleines d’humour, de courage et d’espoir. Sa famille est une de ses plus grandes forces et le soutien de son épouse et de ses deux fils est sans doute le pilier de son combat depuis 16 ans pour que justice lui soit rendue.

En été 2007, les lettres de sa famille ont commencé à s’espacer pour tout simplement s’arrêter. Je l’encourageais à ne pas couper le contact et toujours écrire, même s’il ne recevait aucune réponse. Mais il a commencé à se décourager, surtout qu’à son anniversaire en août et à Noël, il n’a rien reçu de leur part, ce qui était inhabituel.

Il m’a demandé alors, au début de l’année, d’écrire à son épouse pour l’encourager, ce que j’ai fait en me demandant avec un peu d’inquiétude comment elle allait prendre cette lettre d’une inconnue. Peu de temps après, elle a écrit une courte lettre à George lui disant qu’elle l’aimerait toujours. A nouveau silence total durant de longues semaines jusqu’à ce qu’arrive une nouvelle lettre où elle lui disait qu’elle désirait divorcer.

George était effondré et j’ai eu peur qu’il ne tienne pas le coup. J’ai décidé alors d’écrire à ses deux fils en essayant de trouver les mots justes pour décrire la souffrance de leur père face à cette situation. Sans jugement, ni conseil, juste leur dire mon inquiétude. J’ai envoyé la lettre et espéré que cela servirait à quelque chose.

Je n’ai jamais reçu de réponse, mais très peu de temps après, George a reçu une longue lettre et une visite familiale a suivi où tous ont pu s’expliquer et les larmes versées n’étaient pas que de tristesse... En effet, l’épouse de George avait eu en 2007 un AVC et était restée paralysée du côté droit. Elle a vécu des mois très pénibles et avait décidé de ne pas être une charge supplémentaire pour son époux...

Depuis, les contacts entre eux sont à nouveau rétablis et je ne saurai jamais si ma lettre a été un déclencheur dans cette situation difficile, mais cela me réjouit de penser que notre rôle de correspondant et d’ami peut aussi être de débloquer une situation familiale compliquée, d’apporter un petit coup de pouce qui aide une famille à renouer le dialogue.

Monique Amstutz - Novembre 2008

 
 
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