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Comment un cas embarrassant devient une aubaine pour la justice texane

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Selon un article du 6 mars (Associated Press), M. Anibal ROUSSEAU, qui a passé plus de 17 ans dans le couloir de la mort du Texas, est décédé à l'hôpital de Galveston, unité carcérale, de "causes naturelles".

Si une grave maladie a effectivement mis fin à ses jours, c'est exactement ce que la "JUSTICE" attendait, sachant depuis plusieurs années que l'homme était innocent.
Si vous aviez été condamné à mort pour un crime que vous n'avez PAS commis ;
Si l'enquête de la police, particulièrement agressive, avait été expédiée en vitesse ;
Si le procès avait été bâclé et entaché d'erreurs, la défense étant confiée à un avocat commis d'office que ce cas n'intéressait manifestement pas ;
Si les déclarations d'un seul témoin avaient été retenues, celles d'un agent fédéral E.P.A dont la description de l'arme jette un sérieux doute sur ses capacités professionnelles ;
Si le témoignage unanime de plusieurs témoins l'avait nettement contredit, tant au sujet de l'arme que de l'aspect du meurtrier ;
combien parmi vous, parmi nous, étant INNOCENTS, auraient survécu durant presque deux décennies dans cet enfer qu'est le couloir de la mort ?
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Lorsque les résultats de l'analyse balistique ont été découverts, après des années, on s'est mis à espérer : la Justice allait enfin faire son travail et revoir la sentence.

Rouvrir le dossier ? Prendre en considération ces nouvelles preuves ? Admettre que l'enquête de la police, l'unique témoignage pris en compte et, finalement, tout le procès n'avaient été qu'une mascarade ?

Or, le seul moyen pour la "Justice" du district de Harris d'être publiquement blâmée, ses distorsions étant découvertes, ce fut d'opposer tranquillement une résistance passive, en ignorant systématiquement tous les appels des nouveaux avocats, compétents, ceux-là, en vue d'une révision de procès.

Vous n'aviez aucun intérêt à être honnête, juge Mc Cormick : ce cas était bien trop embarrassant. Reportant sans fin votre réponse aux appels, "de manière particulièrement malveillante", selon les propos de l'avocat J. Rytting, vous pouviez espérer que l'homme, croupissant dans le couloir de la mort, âgé de 65 ans, déprimé, rongé par de vains espoirs, allait mourir tôt ou tard de "causes naturelles".

Sa mort est survenue à point pour vous aussi, procureur Chuck Rosenthal, cramponné à votre opinion, malgré les paroles dérangeantes de Lorraine Parker, (Houston Chronicle, avril 2002) qui était alors la procureure dont vous étiez l'assistant au moment du procès :

"Cela me préoccupe beaucoup : je crains terriblement que ce ne soit pas le vrai coupable qui est en prison. J'espère que tous auront intérêt à condamner le véritable coupable, même si cela implique de rouvrir le dossier."

Merci, Lorraine Parker, pour cette déclaration courageuse, qui fit naître un immense espoir. Malheureusement, vous non plus n'avez pas été écoutée ...

Quel contraste entre vos paroles et l'arrogance de Roe Wilson, procureure adjointe à la tête de la division des appels :

"la justice n'est pas affectée parce qu'il est mort : s'il avait vécu plus longtemps, il aurait vécu juste assez longtemps pour être exécuté."

La JUSTICE ? Roe Wilson, vous parlez manifestement au nom d'une "divinité" à laquelle vous vous identifiez fièrement, et que vous avez l'audace de nommer "Justice" ... En outre, vous ne pouviez pas trouver des mots plus cinglants pour frapper en plein visage une famille endeuillée.

Il est de notoriété publique que certains procureurs aiment à citer cette phrase : "N'importe qui peut faire condamner une coupable; pour faire condamner un innocent, c'est cela qui exige talent et habileté..." La sacro-sainte divinité a reçu celui qu'elle guettait, mais sans le voir crucifié sur une table d'exécution. Les procureurs peuvent s'en laver les mains.

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Heureusement, il y a des gens merveilleux au Texas et ailleurs, qui consacrent temps, argent et beaucoup d'énergie pour la cause de la justice. Nous désirons remercier ceux qui se sont battus depuis longtemps en faveur d'Anibal Rousseau.

- Les avocats d'appel : Bryce BENJET, Philip HILDER et James RYTTING, pour leur sollicitude et leur engagement ;

- Richard RAYNA, l'enquêteur privé, qui s'est impliqué durant des années et réussit à identifier le véritable coupable après de longues et difficiles investigations ;

- Bill COBLE, un détenu du couleur de la mort qui, sans relâche et par tous les moyens, a tenté, depuis sa cellule, d'attirer l'attention des gens sur l'innocence de son ami ;

- Mary O'GRADY, pour sa fidélité ;

- Mike DOLSON et Steve MC VICKER, du Houston Chronicle, pour leurs excellents articles (avril 2002 et mai 2005) ;

- Plusieurs membres du jury qui ont exprimé leur inquiétude et leurs doutes l'année dernière, lors d'une interview, après avoir eu connaissance des conclusions de l'analyse balistique ;

- Tous ceux, connus et inconnus, qui ont fait de leur mieux pour soutenir un innocent, avec l'espoir qu'on lui accorderait un nouveau procès qui le disculperait, et qu'enfin il serait libéré.

A sa famille et ses amis, nous désirons exprimer notre émotion et offrir notre profonde sympathie.

Nous avons tous appris beaucoup de M. Rousseau : il nous a toujours impressionnés par son humilité, sa sagesse et sa dignité. C'est un homme au grand coeur qui nous a quittés le 5 mars, mort de "causes naturelles".

Pour la Cour, ce dossier est bouclé. D'autres ne le sont pas. Aussi longtemps que nous restons silencieux, nous sommes responsables de laisser la "Justice" piétiner les Droits humains.

Souvenons-nous que L'INDIFFéRENCE est l'une des pires formes de la VIOLENCE.

 
 
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